Terminal 5 : le port de Cotonou gagne 25 hectares sur l'océan

Le Terminal 5 du port autonome de Cotonou occupe vingt-cinq hectares qui n'existaient pas il y a trois ans. Gagnés sur l'océan par remblayage, ils accueilleront le traitement des produits vraquiers — riz, engrais, karité — aujourd'hui dispersé sur des installations conçues pour autre chose.
Sur les 550 mètres de quai prévus, plus de 320 étaient réalisés au printemps. Les premières opérations maritimes étaient annoncées pour ce mois d'août.
Un plan directeur à plus de 450 millions d'euros
Le terminal s'inscrit dans le plan directeur 2021-2026 du port, une douzaine de projets pour un coût global dépassant 450 millions d'euros. La Banque africaine de développement y a engagé 80 millions d'euros en février 2025, sur un montage qui mobilisait pour la première fois au Bénin de la finance climatique hybride sur un projet d'infrastructure privée.
Le Canada a annoncé début août un apport de 18,3 millions de dollars, orienté vers le Terminal 5 et le parking de Zongo. L'annonce a accompagné une mission diplomatique qui marquait l'ouverture de la première ambassade canadienne dans le pays.
Le parking de Zongo, l'autre chantier
Conçu pour accueillir jusqu'à sept cents camions, le parking de Zongo doit centraliser les accès poids lourds derrière des portiques automatiques. L'enjeu est moins le stationnement que la file d'attente : un port qui traite plus vite ses navires reste engorgé si les camions qui viennent chercher la marchandise s'accumulent devant ses portes.
Les travaux ont progressé en parallèle de ceux du quai, et les deux délégations venues sur site le 5 août ont pu en constater l'avancement.

Ce qui se joue derrière les chiffres
Le port de Cotonou concentre environ 90 % des échanges commerciaux du Bénin avec l'extérieur. Inauguré en 1965, il a soixante et un ans cette année, et une partie de ses installations date de cette époque.
L'élargissement du chenal d'accès et le dragage du bassin, également au programme, visent des navires que le port ne pouvait pas recevoir : porte-conteneurs post-Panamax de 353 mètres, vraquiers de 240 mètres. C'est ce seuil-là qui décide de la place d'un port dans les routes maritimes régionales, plus que le nombre de mètres de quai.
Reste la question du calendrier. Le plan directeur porte l'échéance 2026 dans son intitulé, et plusieurs chantiers courent jusqu'à la fin de l'année.


